Notio : methodus

Gell_NA_XI_5_6 apud  Aulus Gellius Noctes Atticae 11  5  6

Vetus autem quaestio et a multis scriptoribus Graecis tractata, an quid et quantum Pyrronios et Academicos philosophos intersit. Vtrique enim σκεπτικοί, ἐφεκτικοί, ἀπορητικοί dicuntur, quoniam utrique nihil adfirmant nihil que comprehendi putant. Sed ex omnibus rebus proinde visa dicunt fieri, quas φαντασίας appellant, non ut rerum ipsarum natura est, sed ut adfectio animi corporisve est eorum, ad quos ea visa perveniunt.
C'est une vieille question, qui a été examinée par de nombreux auteurs grecs, de savoir en quoi et combien différaient les philosophes pyrrhoniens et les académiciens. Car, on dit des uns comme des autres qu'ils sont σκεπτικοί (sceptiques), ἐφεκτικοί (éphectiques) et ἀπορητικοί (aporétiques), parce qu'ils n'affirment rien et pensent que rien ne peut être compris. Mais ils disent que de toutes choses proviennent des images, qu'ils appellent des φαντασίας (impressions), et qui ne sont pas selon la nature des choses elles-mêmes, mais selon l'affection de l'esprit et du corps de ceux à qui ces images apparaissent.
AM_VII_1 apud  Sextus Empiricus Adversus Mathematicos_VII_XI 7  1  1

Ὁ μὲν καθόλου τῆς σκεπτικῆς δυνάμεως χαρακτὴρ μετὰ τῆς προσηκούσης ἐξεργασίας ὑποδέδεικται, τὰ μὲν προηγουμένως τὰ δὲ καὶ κατὰ διορισμὸν τῶν παρακειμένων φιλοσοφιῶν ἐκτυπωθείς˙ ἀπολείπεται δὲ ἑξῆς καὶ τὴν ἐπὶ τῶν κατὰ μέρος αὐτοῦ χρῆσιν διδάσκειν εἰς τὸ μήτε ἰδίᾳ περὶ τῶν πραγμάτων σκεπτομένους μήτε τοῖς δογματικοῖς ἀνταίροντας ῥᾳδίως προπίπτειν.
Le caractère distinctif de la faculté sceptique en général a été montré avec la méthode qui convient : certains traits ont été esquissés directement, d'autres à partir d'une différence par rapport aux philosophies voisines. Il reste maintenant à expliquer comment appliquer ce caractère sur les parties de la philosophie afin de ne pas céder trop facilement à la précipitation que cela soit lorsque nous faisons notre des recherches sur nos propres objets, ou lorsque nous nous opposons aux dogmatiques.
PH_I_5 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  2  5

Τῆς σκεπτικῆς οὖν φιλοσοφίας ὁ μὲν λέγεται καθόλου λόγος ὁ δὲ εἰδικός, καὶ καθόλου μὲν ἐν ᾧ τὸν χαρακτῆρα τῆς σκέψεως ἐκτιθέμεθα, λέγοντες τίς ἔννοια αὐτῆς καὶ τίνες ἀρχαὶ καὶ τίνες λόγοι, τί τε κριτήριον καὶ τί τέλος, καὶ τίνες οἱ τρόποι τῆς ἐποχῆς, καὶ πῶς παραλαμβάνομεν τὰς σκεπτικὰς ἀποφάσεις, καὶ τὴν διάκρισιν τῆς σκέψεως ἀπὸ τῶν παρακειμένων αὐτῇ φιλοσοφιῶν· εἰδικὸς δὲ ἐν ᾧ πρὸς ἕκαστον μέρος τῆς καλουμένης φιλοσοφίας ἀντιλέγομεν.
Il y a donc un exposé de la philosophie sceptique qui est dit général et un autre spécifique. L’exposé général est celui dans lequel nous expliquons le caractère distinctif du scepticisme, en exposant quelle est sa notion, quels sont ses principes, ses arguments, son critère, son but, quels sont les tropes de la suspension du jugement, comment nous comprenons les affirmations sceptiques, et quelle est la différence du scepticisme avec les philosophies qui lui sont voisines. L’exposé spécifique est celui dans lequel nous portons la contradiction contre chaque partie de ce qu’on appelle la philosophie.
PH_I_8 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  4  8

Ἔστι δὲ ἡ σκεπτικὴ δύναμις ἀντιθετικὴ φαινομένων τε καὶ νοουμένων καθ’ οἱονδήποτε τρόπον, ἀφ’ ἧς ἐρχόμεθα διὰ τὴν ἐν τοῖς ἀντικειμένοις πράγμασι καὶ λόγοις ἰσοσθένειαν τὸ μὲν πρῶτον εἰς ἐποχήν, τὸ δὲ μετὰ τοῦτο εἰς ἀταραξίαν
Le scepticisme est une faculté d’opposer les phénomènes et les choses pensées, par quelque manière que ce soit. Par cette faculté, grâce à la force égale des choses et des arguments opposés, nous arrivons d’abord à la suspension du jugement, puis après elle à l’ataraxie
PH_I_12 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  6  12

Ἀρχὴν δὲ τῆς σκεπτικῆς αἰτιώδη μέν φαμεν εἶναι τὴν ἐλπίδα τοῦ ἀταρακτήσειν˙ οἱ γὰρ μεγαλοφυεῖς τῶν ἀνθρώπων ταρασσόμενοι διὰ τὴν ἐν τοῖς πράγμασιν ἀνωμαλίαν, καὶ ἀποροῦντες τίσιν αὐτῶν χρὴ μᾶλλον συγκατατίθεσθαι, ἦλθον ἐπὶ τὸ ζητεῖν, τί τε ἀληθές ἐστιν ἐν τοῖς πράγμασι καὶ τί ψεῦδος, ὡς ἐκ τῆς ἐπικρίσεως τούτων ἀταρακτήσοντες. συστάσεως δὲ τῆς σκεπτικῆς ἐστιν ἀρχὴ μάλιστα τὸ παντὶ λόγῳ λόγον ἴσον ἀντικεῖσθαι· ἀπὸ γὰρ τούτου καταλήγειν δοκοῦμεν εἰς τὸ μὴ δογματίζειν
Nous disons que le principe causal du scepticisme est l’espoir d'atteindre l'état d'ataraxie. Car les hommes bien nés, qui sont troublés par l’irrégularité qu’il y a dans les choses et embarrassés pour décider quelles sont celles auxquelles il faut donner son assentiment, ont été amenés à chercher ce qui est vrai et ce qui est faux dans ces choses, espérant que cette décision leur apportera l’ataraxie. Mais le principe constitutif du scepticisme est surtout le fait qu’à tout argument s’oppose un argument égal ; car c’est à partir de cela, nous semble-t-il, que nous arrivons à ne pas dogmatiser.
PH_I_22 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  11  22

κριτήριον τοίνυν φαμὲν εἶναι τῆς σκεπτικῆς ἀγωγῆς τὸ φαινόμενον, δυνάμει τὴν φαντασίαν οὕτω καλοῦντες· ἐν πείσει γὰρ καὶ ἀβουλήτῳ πάθει κειμένη ἀζήτητός ἐστιν. διὸ περὶ μὲν τοῦ φαίνεσθαι τοῖον ἢ τοῖον τὸ ὑποκεί- μενον οὐδεὶς ἴσως ἀμφισβητήσει, περὶ δὲ τοῦ εἰ τοιοῦτον ἔστιν ὁποῖον φαίνεται ζητεῖται.
Donc nous disons que le phénomène est critère de la voie sceptique, en appelant ainsi ce qui est en puissance l’impression ; en effet, puisque elle réside dans une affection et un affect involontaire, elle ne fait pas l’objet de la recherche. Pour cette raison à coup sûr personne ne se dispute sur le fait que la réalité apparaisse ainsi ou autrement, mais on cherche plutôt si elle est telle qu'elle apparaît elle est telle qu'e
PH_I_35 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  13  35

ὑπὲρ δὲ τοῦ τὰς ἀντιθέσεις ταύτας ἀκριβέστερον ἡμῖν ὑποπεσεῖν, καὶ τοὺς τρόπους ὑποθήσομαι δι' ὧν ἡ ἐποχὴ συνάγεται, οὔτε περὶ τοῦ πλήθους οὔτε περὶ τῆς δυνάμεως αὐτῶν διαβεβαιούμενος· ἐνδέχεται γὰρ αὐτοὺς καὶ σαθροὺς εἶναι καὶ πλείους τῶν λεχθησομένων.
Pour que nous puissions voir plus précisément ces oppositions, je vais aussi exposer les tropes grâce auxquels la suspension arrive, en n’étant certain ni de leur nombre ni de leur force, car il est possible que ceux-ci soient mauvais ou plus nombreux que ceux dont nous allons parler.
T6_Aenesidemus apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 1  14  36

Παραδίδονται τοίνυν συνήθως παρὰ τοῖς ἀρχαιοτέροις σκεπτικοῖς τρόποι, δι’ ὧν ἡ ἐποχὴ συνάγεσθαι δοκεῖ, δέκα τὸν ἀριθμόν, οὓς καὶ λόγους καὶ τύπους συνωνύμως καλοῦσιν. εἰσὶ δὲ οὗτοι, πρῶτος ὁ παρὰ τὴν τῶν ζῴων ἐξαλλαγήν, δεύτερος ὁ παρὰ τὴν τῶν ἀνθρώπων διαφοράν, τρίτος ὁ παρὰ τὰς διαφόρους τῶν αἰσθητηρίων κατασκευάς, τέταρτος ὁ παρὰ τὰς περιστάσεις, πέμπτος ὁ παρὰ τὰς θέσεις καὶ τὰ διαστήματα καὶ τοὺς τόπους, ἕκτος ὁ παρὰ τὰς  ἐπιμιξίας, ἕβδομος ὁ παρὰ τὰς ποσότητας καὶ σκευασίας τῶν ὑποκειμένων, ὄγδοος ὁ ἀπὸ τοῦ πρός τι, ἔννατος ὁ παρὰ τὰς συνεχεῖς ἢ σπανίους ἐγκυρήσεις, δέκατος ὁ παρὰ τὰς ἀγωγὰς καὶ τὰ ἔθη καὶ τοὺς νόμους καὶ τὰς μυθικὰς πίστεις καὶ τὰς δογματικὰς ὑπολήψεις. χρώμεθα δὲ τῇ τάξει ταύτῃ θετικῶς. τούτων δὲ ἐπαναβεβηκότες εἰσὶ τρόποι τρεῖς, ὁ ἀπὸ τοῦ κρίνοντος, ὁ ἀπὸ τοῦ κρινομένου, ὁ ἐξ ἀμφοῖν· τῷ μὲν γὰρ ἀπὸ τοῦ κρίνοντος ὑποτάσσονται οἱ πρῶτοι τέσσαρες (τὸ γὰρ κρῖνον ἢ ζῷόν ἐστιν ἢ ἄνθρωπος ἢ αἴσθησις καὶ 1 ἔν τινι περιστάσει), εἰς δὲ τὸν ἀπὸ τοῦ κρινομένου [ἀνάγονται] ὁ ἕβδομος καὶ ὁ δέκατος, εἰς δὲ τὸν ἐξ ἀμφοῖν σύνθετον ὁ πέμπτος καὶ ὁ ἕκτος καὶ ὁ ὄγδοος καὶ ὁ ἔννατος. πάλιν δὲ οἱ τρεῖς οὗτοι ἀνάγονται εἰς τὸν πρός τι, ὡς εἶναι γενικώτατον μὲν τὸν πρός τι, εἰδικοὺς δὲ τοὺς τρεῖς, ὑποβεβηκότας δὲ τοὺς δέκα. ταῦτα μὲν περὶ τῆς ποσότητος αὐτῶν κατὰ τὸ πιθανὸν λέγομεν· περὶ δὲ τῆς δυνάμεως τάδε.
Donc, les anciens sceptiques transmettent habituellement des modes par lesquels il semble qu'on soit conduit à la suspension ; il y en a dix, qu’ils appellent aussi de manière synonyme « arguments » et « types ». Ce sont : le premier, le mode suivant la différence entre les animaux ; le deuxième suivant la différence entre les hommes ; le troisième suivant les différentes constitutions des organes des sens ; le quatrième suivant les circonstances ; le cinquième suivant les positions, les distances et les lieux ; le sixième suivant les mélanges ; le septième suivant la quantité et la constitution des objets ; le huitième suivant le relatif ; le neuvième suivant le caractère continu ou rare des rencontres, le dixième suivant les choix de vie, les coutumes, les lois, les croyances aux mythes et les suppositions dogmatiques. Nous n’utilisons cet ordre que de manière conventionnelle. Trois modes se placent au dessus d'eux : le mode d’après le sujet qui juge, celui d’après l'objet jugé, et celui qui vient des deux. Les quatre premiers modes dépendent du mode d’après le sujet qui juge – car le sujet qui juge est soit un animal, soit un humain, soit un sens et est dans une certaine circonstance -, de ce qui est jugé relèvent le septième et le dixième, de ce qui est composé des deux relèvent le cinquième, le sixième, le huitième et le neuvième. A leur tour, ces trois modes se ramènent à celui du relatif, de telle sorte que le trope du relatif est le genre le plus haut, dont les trois sont des espèces, dont les dix dépendent. Voilà pour ce que nous avons à dire sur leur quantité en suivant ce qui est plausible. Passons à ce qu'il en est de leur force
PH_III_280 apud  Sextus Empiricus Pyrrhoniae hypotyposes 3  32  280

Ὁ σκεπτικὸς διὰ τὸ φιλάνθρωπος εἶναι τὴν τῶν δογματικῶν οἴησίν τε καὶ προπέτειαν κατὰ δύναμιν ἰᾶσθαι λόγῳ βούλεται. καθάπερ οὖν οἱ τῶν σωματικῶν παθῶν ἰατροὶ διάφορα κατὰ μέγεθος ἔχουσι βοηθήματα, καὶ τοῖς μὲν σφοδρῶς πεπονθόσι τὰ σφοδρὰ τούτων προσάγουσι, τοῖς δὲ κούφως τὰ κουφότερα, καὶ ὁ σκεπτικὸς οὕτως διαφόρους ἐρωτᾷ [καὶ] κατὰ ἰσχὺν λόγους, καὶ τοῖς μὲν ἐμβριθέσι καὶ εὐτόνως ἀνασκευάζειν δυναμένοις τὸ τῆς οἰήσεως τῶν δογματικῶν πάθος ἐπὶ τῶν σφοδρᾷ τῇ προπετείᾳ κεκακωμένων χρῆται, τοῖς δὲ κουφοτέροις ἐπὶ τῶν ἐπιπόλαιον καὶ εὐίατον ἐχόντων τὸ τῆς οἰήσεως πάθος καὶ ὑπὸ κουφοτέρων πιθανοτήτων ἀνασκευάζεσθαι δυναμένων. διόπερ ὁτὲ μὲν ἐμβριθεῖς ταῖς πιθανότησιν, ὁτὲ δὲ καὶ ἀμαυροτέρους φαινομένους οὐκ ὀκνεῖ λόγους συνερωτᾶν ὁ ἀπὸ τῆς σκέψεως ὁρμώμενος, ἐπίτηδες, ὡς ἀρκοῦντας αὐτῷ πολλάκις πρὸς τὸ ἀνύειν τὸ προκείμενον.
Le sceptique, parce qu’il est philanthrope, veut guérir la présomption et la précipitation des dogmatiques par un argument en fonction de ce qu’il peut. Car, de même que les médecins qui s’occupent des affections du corps ont des remèdes différents en fonction de la gravité et aux malades qui souffrent fortement préconisent des remèdes forts, et pour ceux qui souffrent légèrement des remèdes plus légers, de même le sceptique donne des arguments en fonction de la force, et pour ceux qui sont atteints fortement par la précipitation il utilise des arguments de poids capables de détruire vigoureusement l’affection que produite par la présomption des dogmatiques, et des arguments plus légers pour ceux qui sont atteints par un affect de la présomption superficiel et simple à guérir et qui peuvent en être débarrassés par des arguments persuasifs plus légers. Pour cette raison, celui qui s’engage dans la voie sceptique n’hésite pas à donner des arguments qui paraissent tantôt de poids pour leur plausibilité, tantôt plus faibles, et cela de façon délibéré puisque souvent ces derniers lui suffisent pour parvenir à sa fin.
T7_Arcesilas apud  Cicero De Finibus 2  1  2

qui mos cum a posterioribus non esset retentus, Arcesilas eum revocavit instituitque ut ii, qui se audire vellent, non de se quaererent, sed ipsi dicerent, quid sentirent; quod cum dixissent, ille contra. sed eum qui audiebant, quoad poterant, defendebant sententiam suam.
cette pratique [sc. de Socrate] qui n'a pas été gardée par ses successeurs, Arcésilas la reprit et décida que ceux qui voulaient l'écouter ne l'interrogeraient pas, mais diraient eux-mêmes ce qu'ils pensaient, et quoi qu'ils disent, Arcésilas parlait contre. Et ceux qui l'écoutaient défendaient leur position autant qu'ils le pouvaient.
T8_Aenesidemus apud  Philo Alexandrinus De ebrietate   1  169

τὸν μέντοι σεμνυνόμενον ἢ ἐπὶ τῷ βουλεύεσθαι ἢ ἐπὶ τῷ τὰ μὲν αἱρεῖσθαι τὰ δὲ φεύγειν ἱκανῶς δύνασθαι διὰ τούτων ὑπομνηστέον· εἰ μὲν ἀπὸ τῶν αὐτῶν τὰς αὐτὰς ἀεὶ συνέβαινε προσπίπτειν ἀπαραλλάκτους φαντασίας, ἦν ἴσως ἀναγκαῖον τά τε ἐν ἡμῖν αὐτοῖς φύσει κατασκευασθέντα διττὰ κριτήρια, αἴσθησίν τε καὶ νοῦν, ὡς ἀψευδῆ καὶ ἀδέκαστα θαυμάζειν καὶ περὶ μηδενὸς ἐνδοιάζοντας ἐπέχειν, ἀλλὰ τοῖς ἅπαξ φανεῖσι πιστεύοντας τὰ μὲν αἱρεῖσθαι, τὰ δὲ ἔμπαλιν ἀποστρέφεσθαι. ἐπειδὴ δὲ διαφόρως ἀπ’ αὐτῶν εὑρισκόμεθα κινούμενοι, βέβαιον περὶ οὐδενὸς οὐδὲν ἂν ἔχοιμεν εἰπεῖν, ἅτε μὴ ἑστῶτος τοῦ φανέντος, ἀλλὰ πολυτρόποις καὶ πολυμόρφοις χρωμένου ταῖς μεταβολαῖς· ἀνάγκη γὰρ ἀνιδρύτου τῆς φαντασίας οὔσης ἀνίδρυτον εἶναι καὶ τὴν ἐπ’ αὐτῇ κρίσιν. αἴτια δὲ τούτου πολλά
A celui qui prétend savoir délibérer ou choisir et exclure avec compétence, il faut rappeler la vérité grâce à ce qui suit : s’il se trouvait que les mêmes impressions, sans écarts surviennent à partir des mêmes choses, il serait peut-être nécessaire d’admirer les deux facultés de juger, la sensation et l’esprit, qui sont par nature disposées en nous-mêmes, comme vraies, intègres, et lorsque nous doutons, de ne suspendre notre assentiment sur rien, mais en se fiant aux choses dès qu’elles apparaissent, d’en choisir certaines, et de se détourner au contraire d’autres. Mais puisque nous nous trouvons touchés par elles de manière différente, nous ne saurions rien dire de certain sur rien, puisque ce qui apparaît n’est pas constant, mais est soumis à des changements de différentes sortes et de différentes formes. En effet, l’impression étant instable, le jugement qui porte sur elle aussi est instable. Plusieurs raisons à cela…
T6_Aenesidemus apud  Philo Alexandrinus De ebrietate   2  169

(...)καίτοι τί ταῦτά φαμεν; αὐτός τις εἷς ὢν ἕκαστος ἐφ’ ἑαυτοῦ, τὸ παραδοξότατον, μυρίας μεταβολὰς καὶ τροπὰς δεχόμενος κατά τε σῶμα καὶ ψυχὴν τοτὲ μὲν αἱρεῖται, τοτὲ δ’ ἀποστρέ- φεται οὐδαμῶς μεταβάλλοντα, μένειν δ’ ἐπὶ τῆς αὐτῆς πεφυκότα κατασκευῆς · οὐ γὰρ τὰ αὐτὰ ὑγιαίνουσι καὶ νοσοῦσι προσπίπτειν φιλεῖ, οὐδὲ ἐγρηγορόσι καὶ κοιμωμένοις, οὐδὲ ἡβῶσι καὶ γεγηρακόσι· καὶ ἑστὼς μέντοι καὶ κινούμενός τις ἑτέρας ἔλαβε φαντασίας, καὶ θαρρῶν καὶ δεδιὼς ἔμπαλιν, ἔτι μέντοι λυπούμενός τε καὶ χαίρων, καὶ φιλῶν καὶ τοὐναντίον μισῶν. καὶ τί δεῖ μακρηγοροῦντα περὶ τούτων ἐνοχλεῖν; συνελόντι γὰρ φράσαι πᾶσα ἡ σώματος καὶ ψυχῆς κατὰ φύσιν τε αὖ καὶ παρὰ φύσιν κίνησις αἰτία τῆς περὶ τὰ φαινόμενα ἀστάτου φορᾶς γίνεται μαχόμενα καὶ ἀσύμφωνα προσβαλλούσης ὀνείρατα
(...)Mais à quoi bon dire tout cela ? chaque individu pris en particulier subit, de façon très paradoxale, dans son corps et dans son âme, d'innombrables changements et variations, tantôt choisit librement et tantôt rejette des choses, qui, elles ne changent pas, mais sont faites pour demeurer dans la même constitution.Car les mêmes impressions n'atteignent pas les bien-portants et les malades, les éveillés et les dormeurs, les jeunes et les malades, les éveillés et les dormeurs, les jeunes et les vieux. Un même homme voit des aspects différents suivant qu'il est immobile ou en mouvement, confiant ou craintif, triste ou joyeux, suivant qu'il aime, ou, au contraire, déteste.Mais pourquoi prolonger sur ce point un discours fastidieux ? En un mot, l'ensemble des mouvements de notre corps et de notre âme, conformes ou non à la nature, est la cause de l'agitation capricieuse des apparences qui projette des songes contradictoires et discordants.
T4_Pyrrho apud  Eusebius Caesariensis Preparatio Evangelica 14  18  1

Ἀναγκαίως δ’ ἔχει πρὸ παντὸς διασκέψασθαι περὶ τῆς ἡμῶν αὐτῶν γνώσεως· εἰ γὰρ αὐτοὶ μηδὲν πεφύκαμεν γνωρίζειν, οὐδὲν ἔτι δεῖ περὶ τῶν ἄλλων σκοπεῖν. Ἐγένοντο μὲν οὖν καὶ τῶν πάλαι τινὲς οἱ ἀφέντες τήνδε τὴν φωνήν, οἷς ἀντείρηκεν Ἀριστοτέλης. Ἴσχυσε μέντοι τοιαῦτα λέγων καὶ Πύρρων ὁ Ἠλεῖος. Ἀλλ’ αὐτὸς μὲν οὐδὲν ἐν γραφῇ καταλέλοιπεν.Ὁ δέ γε μαθητὴς αὐτοῦ Τίμων φησὶ δεῖν τὸν μέλλοντα εὐδαιμονήσειν εἰς τρία ταῦτα βλέπειν· πρῶτον μὲν ὁποῖα πέφυκε τὰ πράγματα, δεύτερον δὲ τίνα χρὴ τρόπον ἡμᾶς πρὸς αὐτὰ διακεῖσθαι, τελευταῖον δὲ τί περιέσται τοῖς οὕτως ἔχουσι. Τὰ μὲν οὖν πράγματά φησιν αὐτὸν ἀποφαίνειν ἐπ’ ἴσης ἀδιάφορα καὶ ἀστάθμητα καὶ ἀνεπίκριτα· διὰ τοῦτο μήτε τὰς αἰσθήσεις ἡμῶν μήτε τὰς δόξας ἀληθεύειν ἢ ψεύδεσθαι. Διὰ τοῦτο οὖν μηδὲ πιστεύειν αὐταῖς δεῖν, ἀλλ’ ἀδοξάστους καὶ ἀκλινεῖς καὶ ἀκραδάντους εἶναι, περὶ ἑνὸς ἑκάστου λέγοντας, ὅτι οὐ μᾶλλον ἔστιν ἢ οὐκ ἔστιν, ἢ καὶ ἔστι καὶ οὐκ ἔστιν, ἢ οὔτε ἔστιν, οὔτ’ οὐκ ἔστιν. Τοῖς μέντοι γε διακειμένοις οὕτω περιέσεσθαι Τίμων φησὶ πρῶτον μὲν ἀφασίαν, ἔπειτα δ’ ἀταραξίαν , Αἰνησίδημος δὲ ἡδονήν.
Avant toute chose, il est nécessaire d’examiner attentivement notre propre connaissance, car si au contraire par nature nous ne connaissons rien, alors il ne sert à rien de faire des recherches sur les autres choses. Or, effectivement chez les Anciens aussi certains l’ont affirmé, contre lesquels Aristote a produit une réfutation. Pyrrhon d’Élis a lui aussi tenu avec force de tels propos : quant à lui, il n’a laissé aucun écrit, en revanche son disciple Timon dit que celui qui veut être heureux doit avoir en vue les trois choses suivantes : premièrement, quelle est la nature des choses, deuxièmement, quelle doit être notre disposition vis-à-vis d’elles, enfin que résulte-t-il pour ceux qui ont adopté une telle disposition. Il dit que Pyrrhon révélait qu’en ce qui concerne les choses, celles-ci sont également indifférenciées, instables et indéterminées, et que par conséquent ni nos sensations, ni nos opinions ne disent la vérité ni ne nous trompent. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas leur accorder notre confiance, mais être sans opinion, sans inclination, inébranlables, et dire de chaque chose pas davantage « elle est » que « elle n’est pas », ou « à la fois elle est et elle n’est pas », ou « elle n'est pas et elle n’est pas n’est pas ».Pour ceux qui se sont disposés de cette façon, Timon dit qu’il en résultera d’abord l’aphasie, ensuite l’ataraxie et pour Énésidème le plaisir.
T1_Arcesilas apud  Diogenius Laertius Vitae Philosophorum 4  1  28

Ἀρκεσίλαος Σεύθου (ἢ Σκύθου, ὡς Ἀπολλόδωρος ἐν τῷ τρίτῳ Χρονικῶν), Πιταναῖος τῆς Αἰολίδος. οὗτός ἐστιν ὁ τῆς μέσης Ἀκαδημείας κατάρξας, πρῶτος ἐπισχὼν τὰς ἀποφάσεις διὰ τὰς ἐναντιότητας τῶν λόγων. πρῶτος δὲ καὶ εἰς ἑκάτερον ἐπεχείρησε, καὶ πρῶτος τὸν λόγον ἐκίνησε τὸν ὑπὸ Πλάτωνος παραδεδομένον καὶ ἐποίησε δι' ἐρωτήσεως καὶ ἀποκρίσεως ἐριστικώτερον.
Arcésilas, fils de Seuthès (ou de Scuthès comme le dit Apollodore dans son troisième livre des Chronologies), de Pythane en Eolide. C’est lui qui fonda la Moyenne Académie, car le premier il pratiqua la suspension des assertions à cause des oppositions des arguments. Il fut aussi le premier à discuter les thèses dans un sens et dans l’autre et le premier à modifier le discours transmis par Platon et à le rendre plus éristique au moyen de la discussion par question et de réponse
T5_Pyrrho apud  Diogenius Laertius Vitae Philosophorum 9  5  76

ἀναιροῦσι δ᾽ οἱ σκεπτικοὶ καὶ αὐτὴν τὴν "Οὐδὲν μᾶλλον" φωνήν: ὡς γὰρ οὐ μᾶλλόν ἐστι πρόνοια ἢ οὐκ ἔστιν, οὕτω καὶ τὸ Οὐδὲν μᾶλλον οὐ μᾶλλόν ἐστιν ἢ οὐκ ἔστι. σημαίνει οὖν ἡ φωνή, καθά φησι καὶ Τίμων ἐν τῷ Πύθωνι, "τὸ μηδὲν ὁρίζειν, ἀλλ᾽ ἀπροσθετεῖν."
Les sceptiques détruisent aussi l'expression "pas davantage" : de même que pas davantage la providence est qu'elle n'est pas, de même pas davantage le "pas davantage" est qu'il n'est pas. Cette formule signifie donc, comme le dit Timon dans le Python,"ne rien déterminer, mais s’abstenir de toute position additionnelle"
T5_Aenesidemus apud  Diogenius Laertius Vitae Philosophorum 9  6  78

Ἔστιν οὖν ὁ Πυρρώνειος λόγος μνήμη τις τῶν φαινομένων ἢ τῶν ὁπωσοῦν νοουμένων, καθ᾽ ἣν πάντα πᾶσι συμβάλλεται καὶ συγκρινόμενα πολλὴν ἀνωμαλίαν καὶ ταραχὴν ἔχοντα εὑρίσκεται, καθά φησιν Αἰνεσίδημος ἐν τῇ εἰς τὰ Πυρρώνεια ὑποτυπώσει. πρὸς δὲ τὰς ἐν ταῖς σκέψεσιν ἀντιθέσεις προαποδεικνύντες καθ᾽ οὓς τρόπους πείθει τὰ πράγματα, κατὰ τοὺς αὐτοὺς ἀνῄρουν τὴν περὶ αὐτῶν πίστιν: πείθειν γὰρ τά τε κατ᾽ αἴσθησιν συμφώνως ἔχοντα καὶ τὰ μηδέποτε ἢ σπανίως γοῦν μεταπίπτοντα τά τε συνήθη καὶ τὰ νόμοις διεσταλμένα καὶ τὰ τέρποντα καὶ τὰ θαυμαζόμενα. ἐδείκνυσαν οὖν ἀπὸ τῶν ἐναντίων τοῖς πείθουσιν ἴσας τὰς πιθανότητας. Αἱ δ᾽ ἀπορίαι κατὰ τὰς συμφωνίας τῶν φαινομένων ἢ νοουμένων, ἃς ἀπεδίδοσαν, ἦσαν κατὰ δέκα τρόπους, καθ᾽ οὓς τὰ ὑποκείμενα παραλλάττοντα ἐφαίνετο.
Le discours pyrrhonien est donc une forme de rappel de ce qui apparaît, ou de ce qui est pensé d’une façon ou d’une autre, mention dans laquelle tout est confronté à tout, et se révèle par cette comparaison comme rempli d’irrégularité et d’embrouillamini, comme le dit Enésidème dans son Esquisse introductive au pyrrhonisme. Pour élaborer les oppositions qui se révèlent dans les recherches, ils commençaient par exposer les modes selon lesquels les choses nous paraissent plausibles, puis, selon les mêmes modes, ils abolissaient notre persuasion à leur sujet : ce qui est plausible en effet, selon eux, ce sont les données de la sensation quand elles sont en concordance, les choses qui ne changent jamais, ou du moins rarement, les choses familières, les choses instituées par les lois et les coutumes, [celles qui] plaisent, celles qui nous étonnent. Ils montraient donc, en prenant appui sur ce qui s’oppose à ce qui nous persuade, que les plausibilités sont égales de part et d’autre. Les apories qu’ils ont exposées, et qui affectent les concordances dans ce qui apparaît ou dans ce qui est pensé, se répartissaient en dix tropes, selon lesquels les objets se manifestent avec des écarts.
F1_Aenesidemus apud  Diogenius Laertius Vitae Philosophorum 9  10  106

Καὶ Αἰνεσίδημος ἐν τῷ πρώτῳ Πυρρωνείων λόγων οὐδέν φησιν ὁρίζειν τὸν Πύρρωνα δογματικῶς διὰ τὴν ἀντιλογίαν, τοῖς δὲ φαινομένοις ἀκολουθεῖν. ταὐτὰ δὲ λέγει κἀν τῷ Κατὰ σοφίας κἀν τῷ Περὶ ζητήσεως. ἀλλὰ καὶ ΖεῦξιςΑἰνεσιδήμου γνώριμος ἐν τῷ Περὶ διττῶν λόγων καὶ Ἀντίοχος ὁ Λαοδικεὺς καὶ Ἀπελλᾶς ἐν τῷ Ἀγρίππᾳ τιθέασι τὰ φαινόμενα μόνα. ἔστιν οὖν κριτήριον κατὰ τοὺς σκεπτικοὺς τὸ φαινόμενον, ὡς καὶ Αἰνεσίδημός φησιν˙ οὕτω δὲ καὶ Ἐπίκουρος. Δημόκριτος δὲ μηδὲν εἶναι τῶν φαινομένων, τὰ δὲ μὴ εἶναι.
Enésidème dans son premier livre des Arguments des Pyrrhoniens dit aussi que Pyrrhon ne définit rien dogmatiquement par le biais de l'opposition des arguments, mais qu'il suit les phénomènes. Il dit cela aussi dans son Contre la Sagesse et dans son sur la Recherche. Ainsi que Zeuxis, le disciple d'Enésidème dans son Sur les discours doubles et Antiochus de Laodicée, Apelle dans son Agrippa pose les seuls phénomènes. Le phénomène est donc le critère selon les sceptiques, comme le dit aussi Enésidème. De même qu'Epicure. Mais pour Démocrite, aucun des phénomènes n'est critère, car ils ne sont rien.
T6_Arcesilas apud  Cicero Academica 1  12  45

itaque Arcesilas negabat esse quicquam quod sciri posset, ne illud quidem ipsum quod Socrates sibi reliquisset, ut nihil scire se sciret; sic omnia latere censebat in occulto neque esse quicquam quod cerni aut intellegi posset; quibus de causis nihil oportere neque profiteri neque affirmare quemquam neque assensione approbare, cohibereque semper et ab omni lapsu continere temeritatem, quae tum esset insignis cum aut falsa aut incognita res approbaretur, neque hoc quicquam esse turpius quam cognitioni et perceptioni assensionem approbationemque praecurrere. huic rationi quod erat consentaneum faciebat, ut contra omnium sententias disserens de sua plerosque deduceret, ut cum in eadem re paria contrariis in partibus momenta rationum invenirentur facilius ab utraque parte assensio sustineretur.
Pour cette raison Arcésilas refusait que quoi que ce soit puisse être connu, pas même ce que Socrate s'était concédé à lui-même : savoir qu'il ne savait rien. . Il pensait donc que tout se cache dans l'obscurité et que rien ne peut être perçu ou compris, que pour ces raisons il ne faut rien avancer, rien affirmer, ne rien approuver par son assentiment, qu’il faut toujours contenir sa témérité et la protéger de toute précipitation alors qu'elle se fait remarquer lorsque nous approuvons des choses fausses ou inconnues, et enfin que rien n'est plus honteux qu'un assentiment et un accord donné en devançant la connaissance et la perception. Il agissait conformément à ce raisonnement au point de faire changer d'avis nombreux de ses auditeurs en argumentant contre les positions de tout le monde, puisque lorsqu'on découvrait qu'il y avait sur le même sujet des arguments d'égale importance en faveur de positions contraires, il était plus facile de suspendre son assentiment sur chacune des positions.
T9_Arcesilas apud  Cicero Academica 1  12  46

Hanc Academiam novam appellant, quae mihi vetus videtur, si quidem Platonem ex illa vetere numeramus, cuius in libris nihil affirmatur et in utramque partem multa disseruntur, de omnibus quaeritur nihil certi dicitur. —sed tamen illa quam exposuisti vetus, haec nova nominetur. quae usque ad Carneadem perducta, qui quartus ab Arcesila fuit, in eadem Arcesilae ratione permansit.
On appelle cette Académie "nouvelle", bien qu'elle me semble ancienne, si cependant on compte bien Platon parmi cette ancienne Académie, lui qui n'affirme rien dans ses livres et discute de nombreuses choses dans un sens et dans un autre, lui qui à propos de tout cherche et ne dit rien de certain. Acceptons cependant d'appeler "ancienne" l'académie que tu as décrite, et "nouvelle" celle dont je vais parler. Cette dernière va jusqu'à Carnéade, qui fut le quatrième successeur d'Arcesilas et qui conserva la même méthode qu'Arcesilas.
AM_1_5 apud  Sextus Empiricus Adversus Mathematicos_I_VI 1  1  5

πλὴν ὁ μὲν Ἐπίκουρος, ὡς ἄν τις εἰκοβολῶν εἴποι, ἀπὸ τοιούτων τινῶν ἀφορμῶν πολεμεῖν τοῖς μαθήμασιν ἠξίου, οἱ δὲ ἀπὸ Πύρρωνος οὔτε διὰ τὸ μηδὲν συνεργεῖν αὐτὰ πρὸς σοφίαν, δογματικὸς γὰρ ὁ λόγος, οὔτε διὰ τὴν προσοῦσαν αὐτοῖς ἀπαιδευσίαν· σὺν γὰρ τῷ πεπαιδεῦσθαι καὶ πολυπειροτέρους παρὰ τοὺς ἄλλους ὑπάρχειν φιλοσόφους ἔτι καὶ διαφόρως ἔχουσι πρὸς τὴν παρὰ τοῖς πολλοῖς δόξαν· καὶ μὴν οὐδὲ δυσμενείας χάριν τῆς πρός τινας (μακρὰν γὰρ αὐτῶν τῆς πραότητός ἐστιν ἡ τοιαύτη κακία)· ἀλλὰ τοιοῦτόν τι ἐπὶ τῶν μαθημάτων παθόντες ὁποῖον ἐφ’ ὅλης ἔπαθον τῆς φιλοσοφίας. καθὰ γὰρ ἐπὶ ταύτην ἦλθον πόθῳ τοῦ τυχεῖν τῆς ἀληθείας, ἰσοσθενεῖ δὲ μάχῃ καὶ ἀνωμαλίᾳ τῶν πραγμάτων ὑπαντήσαντες ἐπέσχον, οὕτω καὶ ἐπὶ τῶν μαθημάτων ὁρμήσαντες ἐπὶ τὴν ἀνάληψιν αὐτῶν, ζητοῦντες καὶ τὸ ἐνταῦθα μαθεῖν ἀληθές, τὰς δὲ ἴσας εὑρόντες ἀπορίας, οὐκ ἀπεκρύψαντο. διόπερ καὶ ἡμεῖς τὴν αὐτὴν τούτοις ἀγωγὴν μεταδιώκοντες πειρασόμεθα χωρὶς φιλονεικίας τὰ πραγματικῶς λεγόμενα πρὸς αὐτὰ ἐπιλεξάμενοι θεῖναι.
Du reste, c’est sur ces bases qu’Épicure, pour ce que qu’on peut en conjecturer, s’est appuyé pour critiquer les arts libéraux, mais en ce qui concerne les pyrrhoniens, ce n’est ni parce que ces arts ne contribuent pas à la sagesse – car c’est un argument dogmatique – ni à cause d’un manque d’éducation qui leur serait inhérent. Car en plus d’être bien éduqués et bien plus expérimentés que les autres philosophes, ils sont aussi indifférents aux opinions du plus grand nombre ; ce n’est pas non plus à cause d’une malveillance contre quiconque, car ce type de méchanceté est bien éloignée de leur douceur. Mais ils ont vis-à-vis des arts libéraux le même sentiment que pour la philosophie . En effet, de même qu’alors qu’ils allaient s’y consacrer en désirant accéder à la vérité, confrontés par un conflit d’égal valeur et l’anomalie entre les choses, ils suspendirent leur jugement, de même lorsqu’ils s’intéressèrent aux arts libéraux en vue de les connaître, en cherchant aussi en elles à apprendre la vérité, alors qu’ils rencontraient les mêmes apories, ils ne les ont pas cachées. Pour cette raison, nous aussi en poursuivant dans la même voie qu’eux nous essaierons, sans esprit de compétition, de développer notre propos en choisissant pragmatiquement les arguments contre les arts libéraux.